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SooYoung KWAK

 

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                                    «Je ne veux pas expliquer. Je demande seulement qu’on regarde.»

 

 

Ombres fugaces

 

La présentation écrite d’un artiste qui s’exprime avec des rythmes et des couleurs ne se justifie que si elle donne des raisons de prendre le temps de voir les oeuvres. Alors n’espérez pas trouver ici de références entre cet artiste Kwak Sooyoung et d’autres, par exemple avec ce peintre coréen que je connus à Paris et dont j’ai aimé la peinture, Ungno Lee.  A quoi servirait cette mise en rapport, sinon à faire croire que j’ai quelques compétences dans un art du bout du monde, alors que je me veux spécialiste de rien? Les Coréens à Paris, on les accueille avec intérêt. Quand un artiste voyage, c’est qu’il cherche des informations nouvelles, qu’il est en quête de sa propre métamorphose. Qu’on ne s’y trompe pas : changer n’a d’autre but que s’approcher un peu plus de soi-même. La nature d’une oeuvre est sans cesse modifiable, comme notre corps dont les cellules ne cessent de se renouveler sans que l’apparence générale de l’être perde sa permanence. Alors, pour reconnaître un art national dans les tableaux de Ungno Lee et de Kwak Sooyoung il faut des connaissances qui me manquent. Je suis sûr cependant qu’un oeil exercé distinguera leur origine.   Mais mon propos n’est pas de faire apparaître des ensembles, des groupes, des tendances.   Je ne veux voir que des individualités.   Et Kwak est vraiment un peintre étrange. Et s’il s’est inventé à Paris, on en sera très fier. Au premier regard sur ses tableaux, chacun va faire comme toujours : reconnaitre, identifier, nommer, ce qui veut dire : éviter de regarder. Pourtant, il fait tout ce qu’il peut pour que nous ne résumions pas un tableau à son titre. D’abord, sur ses toiles, il n’y a rien ou presque rien. Ensuite, là où nous distinguons une femme et un enfant, des chevaux, une foule divisée, il met ses titres à lui, qui sont bien loin de confirmer ce qu’on avait cru. Car, vraiment, il n’y a rien à voir dans sa peinture. On identifie un peu de poussière, quelques grains, quelques fils transparents tombés d’une chevelure peut-être, mais ça n’est même pas certain. Les figures ont l’immatériel des rêves. On est ici dans un territoire extrême, à une frontière. Dangereuse, peut-être? Pouvait-il faire plus pour nous éviter la tentation d’expliquer? Il propose quelque chose qu’on n’est pas sûr d’avoir vu passer. Le souvenir d’un doute? Le moins de réalité possible? Pourtant, c’est vivant. Certes, ça ne semble pas fonctionner selon les lois de l’anatomie humaine ou animale, mais ça fourmille de vie. Ce n’est pas la vie de la femme et de l’enfant, mais celle du tableau, comme chez tous les peintres. Cependant, chez Kwak Sooyoung, l’art ne fait penser à la vie qu’à la limite. Il est presque passé totalement du côté de l’absence. Comment fait-il? Et cette absence, y sommes-nous un peu présents encore? Comme un souvenir?

 

J’ai aperçu une de ses oeuvres, par hasard, dans la foule d’une exposition de galeries sous la Pyramide du Musée de Louvre.   Je n’ai alors pas eu le temps de m’interroger sur le fait que ses absences demeuraient dans ma mémoire plus longtemps que certaines présences très insistantes dans les tableaux des autres artistes. Etre interrogé par un tableau, j’ai toujours cherché cela. Je suis allé voir Fernand Léger dans son atelier en 1947, Jean Tinguely dans son auberge de campagne, Yves Klein dans son appartement de Montparnasse. Je suis allé vers eux dans l’espoir qu’ils m’ouvriraient une fenêtre dans une nuit toujours aveuglante. Leurs oeuvres m’ont appris (pour celle de Fernand Léger) qu’il fallait ne pas marcher vite dans la rue, mais prendre le temps de ressentir le rythme des passants, des voitures, du métro, l’intensité des affiches, des vitrines, des lumières. De même, je dois à Jean Tinguely de croire que les rythmes cassés de ses machines ne conduisent pas à la mort : elles y préparent l’esprit et le ‘bleu’ d’Yves Klein m’a donné l’espoir d’approcher l’invisible. L’oeuvre de Kwak Sooyoung m’interroge sur les ombres, sur notre fugacité. Il ne me demande pas : «Qui suis-je?» Non, la question que sa peinture pose est : «Suis-je?» Dans ses tableaux, je trouve une valeur d’interrogation métaphysique. Ils se tiennent à la limite de la perception, juste avant que le spectateur les nomme. Chacun s’interrogera sur l’homme qui a voulu que la peinture puisse poser la question de l’être et du non-être à celui qui la regarde en le plaçant sur la frontière de cette interrogation fondamentale: «Suis-je?» Il propose quelque chose qu’on n’est pas sûr d’avoir vu passer, qu’on n’a pas eu le réflexe de nommer. Le souvenir d’un doute? Le moins de références identifiables à la réalité qu’on connait? Ou, alors, de quelle origine? Chez lui, l’art ne fait penser à la vie que de justesse. Un peu plus d’effacement et on ne verrait plus rien. Peut-être la matière de son oeuvre nous donnera-t-elle accès à sa spiritualité.

 

Sa peinture demeure dans la tradition occidentale de la peinture à l’huile. Elle ne se fait pas sans qu’on lui consacre du temps, beaucoup de temps, ce qui nous ramène au siècle des frères Van Eyck. Et elle en appelle à la vitesse, ce qui est moderne. Ainsi confronte-t-elle deux méthodes et deux durées : elle agit sur le passé qu’elle s’est donné. Chaque tableau commence par l’application d’une couche de couleur. Il en faudra sept ou huit, qui prendront environ trois mois pour sècher l’une sur l’autre. Quand les couches pourront supporter d’être traitées, alors le peintre interviendra dans les épaisseurs. Vite, en les griffant, en les grattant, en les arrachant, en révélant les présences qu’il décidera ou non de conserver. Le tableau ne parviendra pas à son état final avant quelques semaines. Ainsi les apparitions incertaines de ses figures auront-elles été accompagnées par les longues attentes de la peinture. Son art est une action dans la matière, mais rien ne permet d’y reconnaître quelque chose de l’automatisme qui séduisit naguère tant de peintres. Ici, tout se fait en pleine clarté consciente. Il faut savoir aussi que Kwak SooYoung esquisse, prépare, dessine ses thèmes, avant de les faire apparaître sur ses toiles. Les présences incertaines qu’on y voit proviennent d’un besoin de certitude. Donc, le peintre de ces êtres en voie d’effacement ou, à l’inverse, d’apparition, se consacre à l’indécis et le représente avec le plus de précision possible. Sa peinture interroge. Ces femmes, ces enfants, ces animaux, ces hommes nous arrivent au milieu de la vibration du mouvement brownien qui commande toute vie et qui est, sur la toile, le frémissement de fils et de grains entre lesquels, sous lesquels, devant lesquels se distinguent les figures. Pendant combien de temps percevrons-nous encore ces êtres? Seront-ils longtemps reconnaissables, comme lorsque nous les croisons dans la rue, dans les champs ?   Ou bien disparaîtront-ils devant la réalité scientifique des atomes, des molécules et des ondes? Dans les tableaux de Kwak, les surfaces entre lesquelles ils demeurent encore repérables, ne vont-elles pas les recouvrir? Autrement dit, le peintre nous propose-t-il les dernières images de la vie, d’une vie identifiable comme nous la suivons dans l’art depuis les peintures rupestres? Je crois qu’il y a, dans l’oeuvre de Kwak SooYoung, un moment de la pensée où l’on comprend que l’être puisse se demander si il existe.

L’art a-t-il jamais posé cette question à qui le regarde?

 

Pierre DESCARGUES

LES PEINTURES SCULPTÉES de SooYoung KWAK

Vues de loin, ou en reproduction réduite, les peintures de SooYoung KWAK peuvent faire penser à un style vaguement impressionniste, ou «  pointilliste évanescent » : une myriade de petits traits, une nébuleuse de taches et de touches, qui laissent deviner, au limite du visible, des ombres, des silhouettes, humaines ou animales, des paysages fantomatiques, plus flous que nets, qu’on entrevoit plus qu’on ne les voit, qui surgissent d’une sorte de brume colorée (souvent globalement monoteinte, dans les ocres, les crèmes, des blancs, des pâleurs jaunissantes). Ici des vallées qu’on suppose verdoyantes qui transparaissent dans un brouillard semi-opaque. Là sans doute une jument qui s’abreuve aux côtés de son poulain, dans les poussières ocres du crépuscule. Un petit groupe de corps humains, silhouettés, spectraux, troubles et tremblants comme dans un mirage, qui semblent flotter dans un espace dense et cotonneux. Des biches qui boivent ou dressent la tête. Une façade de cathédrale aux couleurs indéfinissables, avec des jeux infinis de lumière changeante. Autant de motifs classiques qui semblent jouer avec les effets optiques de matières lumineuses. Bien sûr on pense à Monet et à ses comparses. Mais avec plein de réticences. A cause de la dominance de teinte monochromatique. Et surtout l’évanescence est plus forte que le motif : on devine à peine les sujets, on est au bord de la disparition du visible. A certains moments, on se pense davantage devant un champ abstrait, simplement marqué, comme dans l’expressionnisme abstrait ou un tableau tachiste. L’effacement du motif et l’affirmation de la matière dans une nébuleuse de petites touches colorées semblent l’essentiel de cette première vision. Et dans tous les cas, il faut ajuster sa vision, régler son regard, faire le point, accommoder.

 

Car vu de près, il en va tout autrement – et c’est dans le mouvement d’approche que le changement d’enjeu se révèle, progressivement, avec un sentiment de montée dans le plaisir de la découverte, jusqu’à ce qu’on soit au plus près, le nez dessus, avec l’envie de toucher. Vues de près, surtout si l’éclairage est bien orienté et si on se met légèrement de biais pour les observer dans leur « épaisseur », les peintures de SooYoung KWAK s’avèrent en fait comme autant de sculptures : la surface du tableau est envahie de petits bouts de matière recroquevillée, de tortillons de peinture, comme de la poussière à gros grains ou de la sciure de pâte colorée, des restes de grattage, collés, fixés par des vernis qui empêchent ces bribes de matière de tomber. Et plus surprenant encore : sous ces débris en relief, les motifs, les lignes, les traits ne sont pas dessinés « par dessus » mais apparaissent « du dedans ». Par petites marques colorées. On comprend alors qu’ils ont été littéralement, physiquement, creusés dans la matière de peinture. Voilà pourquoi il s’agit de « peinture sculptée ».

 

Il faut bien comprendre le processus pour en mesurer toutes les valeurs et les effets. A partir de votre vue rasante, imaginez le travail, l’artiste « à l’œuvre », dans son atelier d’Issy les Moulineaux. Au départ, il y a la matière peinture, brute. En couches épaisses, appliquées directement sur la toile à coups de brosses et de gros pinceaux. Des couches monochromes. Plusieurs. Entre cinq et huit selon les tableaux. SooYoung KWAK en étale une première. Laisse sécher. Puis une seconde, une troisième, etc. Il y a une stratégie de gradation dans le choix des couleurs : les couches du fond, les premières, sont de teinte plus vive ou plus foncée: souvent des bleus intenses ou des rouges écarlates. Les autres progressivement plus claires, calmes, discrètes, douces, pâles (grise, beige, ocre, jaune, blanc). Les couleurs ne se mélangent pas (séchage entre chaque application). Chaque nouvelle couche, qui vient entièrement recouvrir la précédente, sur toute la surface de la toile, efface donc celle « du dessous ». Pas de palimpseste (à ce stade). On ne voit jamais que la dernière couche appliquée, les autres étant invisibles. Mais elles sont là, sous terre, ensevelies par strates successives. Et donc ces couleurs sédimentées forment finalement une sorte de bloc de matières-couleurs. Cette idée de sédimentation, d’ensevelissement, de recouvrement, d’opacité, est importante. Voilà la matière brute. Elle n’est pas donnée ou trouvée. Elle a été fabriquée (on parle de « fonds préparés »). Elle est faite de peinture monochrome mais appliquée par strates, jusqu’à huit couches accumulées. Elle acquiert une épaisseur, elle fait volume. Et c’est dans ce volume, dans ce « bloc sédimenté », qu’il va falloir travailler, creuser, enlever. Exactement comme le sculpteur qui se trouve devant sa matière brute, son bloc de marbre, de pierre, de bois, dans lequel il va falloir qu’il enlève, dégage, découpe pour faire surgir la forme. Après la peinture donc, la sculpture. Après le pinceau qui apporte la matière, ajoute, additionne les couleurs (couche par couche), ce sont les outils du sculpteur qui entrent en action : le stylet, la pointe, l’aiguille, le couteau, le burin, qui enlèvent, soustraient, évident ladite matière. Pour faire apparaître, plus ou moins, la figure. Il faut bien voir ce que cela engage : chez SooYoung KWAK, la peinture, c’est la couleur, rien que la couleur, et celle-ci fait fond : elle n’est que de la matière. Tandis que la sculpture, c’est la ligne, rien que la ligne, le dessin, le trait. Fût-ce sous forme éclatée, pointilliste. La forme sculptée naît de (dans) la matière peinture. Il y a là une sorte d’inversion de la pensée classique.

 

Donc le geste qui est au cœur de la pratique de SooYoung KWAK, c’est qu’il creuse : il ne peint pas vraiment (c’est-à-dire il ne peint pas des formes) et il ne dessine pas vraiment non plus. Je dirai plutôt qu’il grave. D’ailleurs la gravure a été sa première activité. Et la gravure est bien une pratique de l’inversion. Il faut penser (et voir) à l’envers. Il faut travailler en négatif pour faire apparaître le positif. Il faut enlever, pas ajouter. Le geste sculptural (autant que scriptural) de l’artiste est celui-là : avec ses pointe, stylet, aiguille, couteau, il incise la matière peinture, il la gratte, l’écaille, l’entaille, l’ouvre, la fend, la retourne, la laboure, la sillonne. Ces coups de griffes, non seulement finissent « négativement » par faire forme, mais font surgir par petites touches, au fond des creux ainsi dégagés, les couleurs qui sont par dessous. Et selon la profondeur des entailles, ce sont des couleurs différentes qui ainsi remontent à la surface du visible comme autant de touches de couleurs vives. En creusant plus ou moins profond, l’artiste gère ainsi une palette chromatique. Et on comprend pourquoi il fallait que les couleurs du fond soient plus denses, plus foncées ou plus vives : cela fait surgir, par contraste avec les couleurs douces du dessus, des traces plus marquées, plus incisives, des traces qui remontent à la surface comme des forces vives exhumées dans leur éclat, des traces qui viennent inscrire subrepticement le motif par la couleur. On pense au vitrail des églises, à leur illumination par l’extérieur, à cette façon de faire venir la couleur par l’arrière, par le fond. La reconnaissance des formes s’organise ainsi : les figures viennent du fond et par touches, à la fois comme en filigrane et par petites entailles. Jamais complètement, jamais d’un coup, jamais dans un seul contour : elles ne « montent » des fonds que par petits traits de couleurs, petits coups, petits trous. Avec un effet visuel global de transparition. Le brouillage optique (tous les effets de brouillard et de flou évoqués plus haut) vient de là, de cette technique de peinture en creux par multiplication de petites incisions. Et pour bien accentuer cet effet de « peinture en creux », l’artiste ne se débarrasse pas des débris qu’il a dégagés : les restes de son travail d’entaille et de grattage, les résidus de ses opérations d’enlèvement, tout ce que son labourage a arraché aux fonds, il le conserve, il le fixe même, par des vernis, pour qu’ils ne tombent pas. D’ailleurs, comme Jackson Pollock, SooYoung KWAK travaille en posant ses toiles grand format au sol, horizontalement. Les déchets stagnent donc à la surface, il ne les balaie pas (comme un sculpteur pourrait balayer son atelier de tous les copeaux de bois arrachés à sa matière brute). En les « inscrivant », en les collant à la surface de ses toiles, l’artiste affiche son geste de sculpteur, ses toiles ayant des airs de tronc d’arbre blessé qui garderait la sciure du bûcheron. Impression de desquamation, de peaux arrachées qui adhèrent encore au corps. On a envie de toucher, de passer sa main pour sentir ce relief - mais on n’ose s’y risquer tant on pressent la fragilité de ces scories et de cette poussière du geste graveur. Vues de près, ces entailles sont comme des blessures de peinture, avec les pointes de couleur qui saignent. Et quand on prend du recul, elles se referment en motifs, se font cicatrices figuratives. De près, de loin. Dialectique du regard et du geste. Question de distance. Ajuster son regard. Les creux laissent des traces. Peinture, sculpture. Peinture sculptée.

Philippe DUBOIS

SooYoung KWAK

SooYoung KWAK est né en Corée du Sud en 1954, formé en arts plastiques à l’Université Hong-ik de Séoul et à l’Université de Paris VIII, il vit et travaille à Paris depuis son arrivée en France en 1983, et expose régulièrement tant en France qu’en Corée.

 

1954     né à Dae-Gu, Corée du sud

1980     Licence d’Arts Plastiques, Université Hong-ik, Séoul, Corée du sud

1987     Maîtrise d’Arts Plastiques, Université de Paris VIII, St-Denis, France

 

 

Expositions personnelles

 

2016     Galerie PHD, Paris, France

2009     Galerie 89, Paris, France

2009     Galerie JMD, Paris, France

2006     Centre culturel coréen, Paris

2005     Insa Art Center, Seoul, Corée du sud

2005     Galerie Seojong, Pohang, Corée du sud

2001     Gallery Artside, Séoul, Corée du sud

2000     Galerie Gana-Beaubourg, Paris, France

1999     Parsons School of Design Gallery, Paris, France

1997     Space Untitled Gallery, New York, USA

1996     Kilim Gallery, Tae-gu, Corée du sud

1996     Seoul Print Art Fair, Seoul Art Center, Seoul, Corée du sud

1995     Shila Gallery, Tae-gu, Corée du sud

1995     Seoul Art Fair, Gallery May, Séoul, Corée du sud

1995     Gallery 43, Issy-les-Moulineaux, France

1994     Espace Artsenal, Issy-les-Moulineaux, France

1992     Gangnam Gallery, Séoul, Corée du sud

 

 

Expositions collectives (sélection)

 

2016     Art paris, 313Art projet, Grand palais, Paris, France

2015     Seoul - Paris - Seoul : Figuration coreénne, Musée Cernuchi et Mairie de 8,

             Paris, France

2015     Beautiful Bridge 2, Seoul Art Center, Seoul, Crée du sud

2014     Noir & blanc / Couleur, Musée national Carte à Jouer, Issy les Moulineaux, France

2013     Hymne a la vie, espace OCDE, Paris, France

2013     Avec, Galerie Pont des arts, Paris, France

2013     Art Monie, Galerie Fablicque, Ivry sur seine, France

2013     Triptich, Galerie LeeC, Seoul, Corée du sud

2012     Healing camp, Art park, Janghung, Seoul, Corée du sud

2012     Paris-Seoul, Ara galerie, Seoul, Corée du sud

2012     Exposition, Korean Gallery, New york, USA

2011     Humanism, Garelly space Womb, New york, USA

2011     Arbre et Vent, Mediatheque sartroux, Issy les moulineaux, France